{"id":6291,"date":"2022-01-04T13:37:40","date_gmt":"2022-01-04T11:37:40","guid":{"rendered":"https:\/\/www.patrim.net\/pyrenoteca\/?post_type=cpt_portfolio&#038;p=6291"},"modified":"2022-02-25T15:14:57","modified_gmt":"2022-02-25T13:14:57","slug":"histoire-de-lobservatoire-du-pic-du-midi","status":"publish","type":"cpt_portfolio","link":"https:\/\/www.patrim.net\/pyrenoteca\/eu\/portfolio\/histoire-de-lobservatoire-du-pic-du-midi\/","title":{"rendered":"Histoire de l&#8217;observatoire du Pic du Midi"},"content":{"rendered":"\n<p>L&#8217;histoire de l&#8217;Observatoire du Pic du Midi commence en fait \u00e0 environ 300 m\u00e8tres en dessous du sommet, au col de Sencours, o\u00f9 une station m\u00e9t\u00e9orologique provisoire est install\u00e9e en 1873. Les deux meneurs de ce projet d&#8217;initiative priv\u00e9e sont un g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 la retraite, Charles Champion du Bois de Nansouty, et un ing\u00e9nieur, C\u00e9lestin-Xavier Vaussenat. Nansouty s\u00e9journe pendant huit ans au col de Sencours, o\u00f9 il fait des observations m\u00e9t\u00e9orologiques de routine, et Vaussenat sillonne le pays \u00e0 la recherche d&#8217;un financement pour la construction de l&#8217;Observatoire d\u00e9finitif.<\/p>\n\n\n\n<p>La construction de l&#8217;Observatoire du Pic du Midi, situ\u00e9 \u00e0 une altitude de 2876 m\u00e8tres, commence en 1878 et dure quatre ans, parce que les travaux ne peuvent se faire que pendant les quelques mois o\u00f9 le sommet n&#8217;est pas couvert de neige et ais\u00e9ment accessible \u00e0 pied par les porteurs ou \u00e0 mulet, entre la fin juillet et la mi-octobre. Le principal souci des fondateurs de l&#8217;Observatoire est de prot\u00e9ger les ouvriers de la foudre qui s&#8217;abat fr\u00e9quemment sur ce pic isol\u00e9. Plusieurs paratonnerres sont \u00e9rig\u00e9s et reli\u00e9s par un \u00e9pais c\u00e2ble m\u00e9tallique de plus d&#8217;un kilom\u00e8tre au lac d&#8217;Oncet voisin. L&#8217;Observatoire est inaugur\u00e9 au mois d&#8217;ao\u00fbt 1882.<\/p>\n\n\n\n<p>Vaussenat est avant tout un ing\u00e9nieur. Il consacre tout son temps et son \u00e9nergie \u00e0 d\u00e9velopper l&#8217;Observatoire. Il rase les alentours du sommet pour y am\u00e9nager des terrasses, construit un b\u00e2timent de stockage (appel\u00e9 par la suite b\u00e2timent Vaussenat) et le fameux &#8220;blockhaus&#8221; sur lequel sont install\u00e9s les instruments de mesure m\u00e9t\u00e9orologiques. Comme les terrasses sont couvertes de plusieurs m\u00e8tres de neige huit ou neuf mois sur douze, il creuse aussi un tunnel pour acc\u00e9der commod\u00e9ment en toute saison au blockhaus \u00e0 l&#8217;heure des relev\u00e9s m\u00e9t\u00e9o.<\/p>\n\n\n\n<p>C&#8217;est \u00e9galement au d\u00e9but du si\u00e8cle que Benjamin Baillaud, alors directeur de l&#8217;observatoire de Toulouse, d\u00e9cide de construire un t\u00e9lescope au Pic. Il conna\u00eet bien ce site et ses avantages pour avoir souvent particip\u00e9 \u00e0 son inspection annuelle. Mais il veut d&#8217;abord s&#8217;assurer par lui-m\u00eame du bien-fond\u00e9 de cette r\u00e9putation du Pic pour les bonnes images. Il y installe une petite coupole provisoire sous laquelle il pose une monture pouvant accommoder plusieurs tubes de petits t\u00e9lescopes, puis il passe plusieurs \u00e9t\u00e9s avec des membres de son personnel \u00e0 conduire des tests astronomiques. Ils concluent que les images sont souvent bonnes et parfois excellentes.<\/p>\n\n\n\n<p>Baillaud obtient alors des cr\u00e9dits pour la construction d&#8217;une coupole, d&#8217;un t\u00e9lescope de 50 centim\u00e8tres de diam\u00e8tre et d&#8217;une maison pour les astronomes visiteurs. Les travaux commencent apr\u00e8s la saison d&#8217;\u00e9t\u00e9 de 1904. En 1906, la coupole est termin\u00e9e et le t\u00e9lescope, construit dans un atelier parisien, est amen\u00e9 \u00e0 Bagn\u00e8res par chemin de fer, puis au col du Tourmalet par char \u00e0 b\u0153ufs. De l\u00e0, les 22 caisses, pesant entre 300 et 800 kilos, sont transport\u00e9es au sommet par une douzaine de soldats d&#8217;un r\u00e9giment d&#8217;artillerie de Tarbes. Les difficult\u00e9s sont telles que, au bout d&#8217;un mois d&#8217;efforts, ils ne parviennent qu&#8217;au col de Sencours. Les caisses y passent l&#8217;hiver et le t\u00e9lescope n&#8217;est au sommet qu&#8217;en septembre 1907. Un autre \u00e9t\u00e9 est n\u00e9cessaire pour le monter et le rendre op\u00e9rationnel.<\/p>\n\n\n\n<p>Jules Baillaud entreprend un ambitieux programme de r\u00e9novation de l&#8217;observatoire, la construction d&#8217;un t\u00e9l\u00e9ph\u00e9rique pour r\u00e9soudre les probl\u00e8mes d&#8217;acc\u00e8s et celle d&#8217;une ligne \u00e9lectrique depuis la vall\u00e9e pour remplacer la batterie d&#8217;accumulateurs, une source faible et peu fiable d&#8217;\u00e9nergie. Mais ces projets sont \u00e0 peine \u00e9bauch\u00e9s lorsqu&#8217;\u00e9clate la guerre, presque tout le personnel est mobilis\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Jules Baillaud cherche d&#8217;abord \u00e0 r\u00e9nover le t\u00e9lescope existant, dont le miroir est de qualit\u00e9 m\u00e9diocre. Il n\u00e9gocie avec Ren\u00e9 Jarry-Desloges, un riche astronome amateur propri\u00e9taire d&#8217;un bon objectif de 50 centim\u00e8tres, mais celui-ci est tr\u00e8s r\u00e9ticent \u00e0 pr\u00eater sa pr\u00e9cieuse pi\u00e8ce optique. L&#8217;imminence de l&#8217;opposition de Mars en 1941 oblige les astronomes \u00e0 trouver une solution rapidement, il emprunte l&#8217;objectif de 38 centim\u00e8tres de l&#8217;observatoire de Toulouse, avec lequel ils font d&#8217;excellentes observations de Mars qui les convainquent de trouver une solution permanente.<\/p>\n\n\n\n<p>Le r\u00e9fracto-r\u00e9flector, rebaptis\u00e9 &#8220;lunette Baillaud&#8221;, utilis\u00e9 avec beaucoup de succ\u00e8s jusqu&#8217;\u00e0 la fin des ann\u00e9es soixante pour mesurer avec pr\u00e9cision le diam\u00e8tre des plan\u00e8tes, pour cartographier leur surface, pour \u00e9tudier les taches \u00e0 la surface des satellites de Jupiter, pour cartographier la Lune. Il faudra attendre les observations spatiales pour faire mieux. Cet instrument sert \u00e9galement pour l&#8217;observation quotidienne de la couronne solaire, pour pr\u00e9voir la qualit\u00e9 des communications terrestres dans le domaine radio.<br>La fin de la guerre voit cependant se r\u00e9aliser les autres projets de Baillaud, la ligne \u00e0 haute tension et le t\u00e9l\u00e9ph\u00e9rique.<\/p>\n\n\n\n<p>La ligne \u00e0 haute tension depuis la station d&#8217;Artigues est construite entre 1945 et 1949. La ligne est souterraine sur tout son parcours depuis la Mongie, pour respecter les sites class\u00e9s du Tourmalet et de la vall\u00e9e du Bastan. Cette ligne de 10 000 volts est mise en service le 18 novembre 1949. La tension est augment\u00e9e en 1954 pour permettre aux exp\u00e9riences de rayons cosmiques de disposer de plus de puissance pour leurs \u00e9lectro-aimants.<\/p>\n\n\n\n<p>La construction du t\u00e9l\u00e9ph\u00e9rique est pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e par celle d&#8217;un c\u00e2ble transporteur en 1945- 47. Ce moyen de transport provisoire est constitu\u00e9 d&#8217;un c\u00e2ble tracteur qui tire une benne \u00e0 ciel ouvert soutenue par un c\u00e2ble porteur fixe. Il sert au transport du ravitaillement et du gros mat\u00e9riel pour le Pic, mais aussi des mat\u00e9riaux de construction du t\u00e9l\u00e9ph\u00e9rique d\u00e9finitif. Par contre, \u00e0 de rares exceptions pr\u00e8s, il n&#8217;est pas utilis\u00e9 pour le transport du personnel.<\/p>\n\n\n\n<p>Le t\u00e9l\u00e9ph\u00e9rique, inaugur\u00e9 le 23 d\u00e9cembre 1951, marque la fin d&#8217;une \u00e9poque, la fin des portages \u00e0 dos d&#8217;homme en hiver et les ascensions \u00e0 pied. Il bouleverse profond\u00e9ment la vie quotidienne au sommet, provoquant un clivage entre &#8220;avant&#8221; et &#8220;apr\u00e8s&#8221;, entre ceux qui ont connu les ascensions longues et difficiles dans la neige et ceux qui arrivent au sommet en costume de ville, une serviette \u00e0 la main, sans plus d&#8217;effort que s&#8217;ils avaient pris le m\u00e9tro.<br>Pendant la premi\u00e8re d\u00e9cennie des ann\u00e9es d&#8217;apr\u00e8s- guerre, la priorit\u00e9 est donn\u00e9e aux travaux d&#8217;infrastructure et \u00e0 l&#8217;accueil des \u00e9quipes de cosmiciens. C&#8217;est ainsi que s&#8217;installent successivement au Pic des \u00e9quipes de l&#8217;Ecole Normale Sup\u00e9rieure avec Jean Daudin, de l&#8217;universit\u00e9 de Manchester avec Patrick Blackett, prix Nobel de physique en 1948, et de l&#8217;Ecole Polytechnique avec Louis Leprince-Ringuet.<\/p>\n\n\n\n<p>L&#8217;astronomie se d\u00e9veloppe avec la venue de plusieurs \u00e9quipes au milieu des ann\u00e9es cinquante. Des astronomes solaires de l&#8217;observatoire de Meudon, sous la responsabilit\u00e9 de Raymond Michard, installent un spectrographe \u00e0 grande dispersion dans une nouvelle extension du b\u00e2timent principal, baptis\u00e9e laboratoire Marchand. Cet instrument sert pendant huit ans \u00e0 presque tous les programmes de physique solaire de l&#8217;\u00e9poque.<\/p>\n\n\n\n<p>Par ailleurs une \u00e9quipe d&#8217;astronomes de l&#8217;universit\u00e9 de Manchester dirig\u00e9e par Zdenek Kopal prend des dizaines de milliers de photos de la Lune au t\u00e9lescope Baillaud pour pr\u00e9parer l&#8217;alunissage des vols Apollo et financent en partie l&#8217;acquisition d&#8217;un nouveau t\u00e9lescope \u00e0 miroir d&#8217;un m\u00e8tre de diam\u00e8tre pour ce m\u00eame programme.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce nouveau t\u00e9lescope sert \u00e9galement \u00e0 des exp\u00e9riences de tirs sur la Lune avec un laser, pour d\u00e9terminer la distance Terre-Lune \u00e0 quelques centim\u00e8tres pr\u00e8s en mesurant le temps que met un rayon laser pour revenir sur Terre apr\u00e8s r\u00e9flexion sur l&#8217;une des cibles plac\u00e9es sur le sol lunaire par les sondes spatiales.<\/p>\n\n\n\n<p>La construction d&#8217;un grand t\u00e9lescope peut \u00eatre mise \u00e0 l&#8217;\u00e9tude en 1964, apr\u00e8s la disparition d&#8217;Andr\u00e9 Danjon. Son emplacement est d\u00e9cid\u00e9 apr\u00e8s des \u00e9tudes en soufflerie, et une coupole d&#8217;un concept tr\u00e8s original, que Bernard Lyot n&#8217;aurait pas d\u00e9savou\u00e9, est adopt\u00e9e. Les travaux de d\u00e9rochement commencent en 1970 et le t\u00e9lescope est mis en service en juillet 1980, peu de temps avant la fin du mandat de Jean R\u00f6sch, le dernier des directeurs de l&#8217;\u00e9poque h\u00e9ro\u00efque, celle des pionniers.<br><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pic 2000<\/strong><br><\/p>\n\n\n\n<p>La menace de fermeture du site a conduit les responsables locaux \u00e0 s\u2019unir et lancer un vaste programme de r\u00e9novation. Aid\u00e9 par les communes environnantes, le D\u00e9partement, la r\u00e9gion Midi-Pyr\u00e9n\u00e9es, l\u2019\u00c9tat fran\u00e7ais et l\u2019Europe, le Syndicat Mixte nouvellement cr\u00e9\u00e9 transforme l\u2019observatoire en v\u00e9ritable site \u00ab scientifico-touristique \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Des travaux d\u2019am\u00e9nagement tr\u00e8s importants sont r\u00e9alis\u00e9s de 1996 \u00e0 2000, afin d\u2019accueillir les visiteurs au sommet du Pic. Un tout nouveau t\u00e9l\u00e9ph\u00e9rique est install\u00e9, toujours dans un souci d\u2019am\u00e9liorer le confort du public. Apr\u00e8s trois ann\u00e9es de chantier et un investissement de 200 millions de francs, l\u2019observatoire new-look ouvre enfin ses portes.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 pr\u00e8s de 3000 m\u00e8tres d\u2019altitude, les visiteurs peuvent d\u00e9couvrir de nombreux espaces culturels am\u00e9nag\u00e9s sur plus de 4000 m\u00e8tres carr\u00e9s. Des expositions li\u00e9es \u00e0 l\u2019astronomie, des spectacles film\u00e9s, des images de l\u2019univers, des maquettes et diverses reconstitutions sont propos\u00e9s en permanence aux touristes.<\/p>\n\n\n\n<p>Diff\u00e9rentes coupoles accueillent \u00e9galement le public, lui permettant de mieux appr\u00e9hender le travail des scientifiques depuis des d\u00e9cennies. Par temps clair, on peut m\u00eame apercevoir la ville de Biarritz et les monts du Cantal.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&#8217;histoire de l&#8217;Observatoire du Pic du Midi commence en fait \u00e0 environ 300 m\u00e8tres en dessous du sommet<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":6381,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","filtre":[250,251,260],"cpt_portfolio_group":[63,107],"class_list":["post-6291","cpt_portfolio","type-cpt_portfolio","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","filtre-hautes-pyrenees","filtre-historia","filtre-paisaje","cpt_portfolio_group-paisaje","cpt_portfolio_group-historia"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.patrim.net\/pyrenoteca\/eu\/wp-json\/wp\/v2\/cpt_portfolio\/6291","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.patrim.net\/pyrenoteca\/eu\/wp-json\/wp\/v2\/cpt_portfolio"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.patrim.net\/pyrenoteca\/eu\/wp-json\/wp\/v2\/types\/cpt_portfolio"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.patrim.net\/pyrenoteca\/eu\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.patrim.net\/pyrenoteca\/eu\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6291"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.patrim.net\/pyrenoteca\/eu\/wp-json\/wp\/v2\/cpt_portfolio\/6291\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6393,"href":"https:\/\/www.patrim.net\/pyrenoteca\/eu\/wp-json\/wp\/v2\/cpt_portfolio\/6291\/revisions\/6393"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.patrim.net\/pyrenoteca\/eu\/wp-json\/wp\/v2\/media\/6381"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.patrim.net\/pyrenoteca\/eu\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6291"}],"wp:term":[{"taxonomy":"filtre","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.patrim.net\/pyrenoteca\/eu\/wp-json\/wp\/v2\/filtre?post=6291"},{"taxonomy":"cpt_portfolio_group","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.patrim.net\/pyrenoteca\/eu\/wp-json\/wp\/v2\/cpt_portfolio_group?post=6291"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}